Les Comores. A qui la Terre ? Sous les Conflits de Propriété, les Réalités de la Gestion en Commun PDF

Dans au moins 30 États, les femmes ne peuvent transmettre leur nationalité à leurs enfants.


Le titre de cet ouvrage pose plusieurs questions. La terre est-elle à l’État représenté par l’Union des Comores ? Aux îles autonomes qui forment l’Union ? Aux Communes ? À celui ou celle qui l’a immatriculée ? À la famille nucléaire ? À la famille élargie ? À ceux qui y ont des droits historiques ? À celui ou celle qui l’occupe ou qui la met en valeur ?… On pourrait allonger indéfiniment la liste des sous-questions sous-entendues par : Les Comores. À qui la terre ? Dans le contexte actuel de l’archipel, le problème est d’autant plus complexe que le système foncier est marqué par la coexistence de « plusieurs droits » : coutumier, musulman et moderne. En dépit de cette complexité, de nombreux intellectuels, politiques, administrateurs et agents de développement comoriens ou représentants de bailleurs de fonds ont tendance à attendre une réponse unique. Mahamoudou Saïd rappelle l’existence sur notre planète d’une multitude de pratiques et d’expériences de gestion de la terre en commun. Ces dernières invitent à l’abandon de la logique « propriétariste », au profit de celle s’inscrivant dans une perspective de gestion en commun, donc inclusive, de la terre. Aux Comores, cette dernière logique est justifiée par l’existence quasi systématique, sur les mêmes étendues de terre, de « propriétés simultanées » aux limites parfois floues et élastiques, et régies par des régimes juridiques différents. S’appuyant sur des recherches auxquelles il a eu à participer dans les Cévennes en France et à Madagascar, et sur de nombreuses lectures faites sur le thème de la propriété, l’auteur montre que la réalité des propriétés simultanées et les pratiques de gestion en commun ne sont pas l’apanage de la société comorienne. On trouve en effet des situations quasi identiques dans les régions ou localités du monde telles que Sambava, Andapa, Vohemar et Antalaha dans le nord-est de Madagascar, Los Angeles en Amérique du Nord, le massif des Alpilles et la Cévenne des Hauts Gardons en France. On les trouve aussi dans de nombreux autres endroits, en Suisse et en Espagne notamment.

Notre projet de recherche participatif, «Pauvreté, violence, briser le silence, chercher la paix» nous a montré que le fait de se rassembler pour la paix n’est jamais atteint une fois pour toutes, mais doit faire partie d’un effort continu. La tendance à l’expansion était persistante, de même que les pressions exercées pour tirer le meilleur parti possible des opportunités qui en résultaient. La police a arrêté 70 suspects liés aux attaques.-}